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29 oct. 2019 11:34:00

Textile. La fibre de bambou est-elle écologique ?

Textile. La fibre de bambou est-elle écologique ?

La fibre de bambou est-elle écologique ? 

Apparue depuis quelques années sur le marché du textile, le bambou est présenté comme une alternative au coton qui présenterait des vertus écologiques. Une approche récemment remise en question dans un communiqué par Dominique de Checchi, dirigeant du groupe Bergan, confectionneur de linge hôtelier avec une offre importante en coton.  

« Le bambou est présenté comme une réelle avancée pour la planète. Or, les sociétés qui mettent cette fibre en avant ne décrivent pas la réalité des choses : très souvent, il ne s’agit pas de la fibre de bambou elle-même mais d’une transformation de cette fibre en viscose de bambou. Cette différence dans l’appellation est loin d’être neutre [...] Les fibres de bambou utilisées dans l’industrie textile, même dans le secteur du commerce équitable et de la mode éthique, sont obtenues à la suite d’un processus de transformation chimique lourd. Si le bambou en lui-même a des avantages de « sobriété » en eau et en différents produits phytosanitaires, en revanche, la fabrication de viscose de bambou (présente dans le linge éponge) est très polluante : différents acides et soude caustique sont nécessaires tout au long de la production. » 

Interrogée à ce sujet, Maud Lalo, dirigeante du Comptoir du Bambou spécialisé dans la production et la confection d’articles à base de bambou – notamment des linges éponge, estime pour sa part que « l’industrie du coton est la deuxième industrie la plus polluante du monde. Sur le marché du linge pour les professionnels, la majeure partie du linge est en coton, matière bon marché, qui devient rêche et s'use rapidement. La viscose de bambou se présente comme une alternative tant sur le plan écologique que qualitatif qui permet aux professionnels d’améliorer leur activité tout en réduisant leurs dépenses. Nous avons mis au point une fibre unique composée de bambou et maîtrisons la totalité de sa chaîne de valeur pour proposer des produits meilleurs sur le marché.Alors que la culture du bambou ne consomme aucune ressource, la culture du coton occupe environ 2,5% des surfaces dans le monde, engloutit 25% des insecticides et 10 % des herbicides selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Pour 1 kg de coton, c’est en moyenne 20 000 litres d’eau qui sont nécessaires. Par ailleurs, nous sélectionnons la meilleure espèce de bambou qui est immédiatement réduite en pulpe puis transformée afin de conserver toutes les vertus du bambou. [...] Tous nos produits sont certifiés Oeko-Tex, cequi garantit l’absence de produit toxique et dangereux pour l’écologie humaine lors de la fabrication. Nous n’avons pas la prétention de livrer à nos clients un produit 100 % écologique mais un produit mieux pensé qui améliore significativement leur quotidien. »

Le bambou serait-il vraiment beaucoup plus écologique que le coton ? Plutôt que du coton et du bambou, il faudrait parler de cotons et de bambous. Si on se réfère à une étude de Textile Exchange,en moyenne, le coton conventionnel consomme 2,1 m3 d’eau d’irrigation pour l’obtention d’1 kg de fibres contre 0,18 m3 pour 1 kg de fibres de coton biologique. Des données très variables en fonction du lieu de production et des conditions climatiques, et ce n’est que la toute première étape de production, qui ne prend pas en compte les autres phases de transformation de la fibre jusqu’au produit finalisé. Des variations toutes aussi importantes apparaissent sur la consommation de pesticides, d’énergie et d’utilisation de composés chimiques – notamment pour l’ennoblissement.  Il reste alors très difficile de comparer un tee-shirt coton produit dans le sud-est asiatique, vendu en Europe à moins de 3 euros, et du linge de maison en coton bio certifié, ennobli et fabriqué en France. De même dans le secteur émergent du textile à base de bambou, se côtoient des entreprises responsables qui recherchent des techniques les plus vertes possibles et contrôlent la chaîne de valeurs et des entreprises peu regardantes sur les méthodes de production… Pas facile pour l’acheteur de s’y retrouver face aux allégations des uns et des autres. Comment peut-il s’assurer que le textile retenu (coton ou bambou), est réellement responsable sur le plan environnemental ? « Comme pour le bois, il convient aux consommateurs de vérifier la provenance du matériau mais aussi le traitement qu’il est susceptible de subir lors de la production du produit fini »,conclut Dominique de Checchi. Pour notre part, nous consacrerons en 2020 un dossier aux différentes fibres pour faire le point et tenter d’apporter sinon des réponses, au moins un éclairage sur ce sujet.

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