Lien entre résidence à proximité d’un pressing et Parkinson
Une étude parue début août dans npj Parkinson's Disease établit une forte corrélation entre résidence à proximité d'un pressing et risque de développer une maladie de Parkinson. Menée sur près de 19 millions de bénéficiaires de Medicare aux États-Unis, elle montre un risque accru de 14 % pour les riverains vivant à moins de 150 mètres d'un établissement, comparé à ceux résidant à 6-8 km, avec un pic à 23 % pour le sous-type de Parkinson lié aux troubles de l'équilibre. Les auteurs pointent les solvants chlorés historiquement utilisés en nettoyage à sec, trichloroéthylène (TCE) et perchloroéthylène (PCE), tous deux reconnus neurotoxiques. Le TCE, premier solvant utilisé dès les années 1920, a été supplanté par le PCE dans les années 1950 en raison de sa toxicité déjà identifiée. Mais le PCE se dégrade lui-même en TCE au contact des nappes souterraines, plus mobile et plus persistant. Résultat : sous la plupart des sites de pressing, anciens ou encore en activité, les deux solvants coexistent, formant des composés pouvant subsister plusieurs décennies et s'infiltrer dans les bâtiments environnants. Si le contexte nord-américain diffère de la situation européenne, ces résultats raniment une question de fond : au-delà du risque de voisinage déjà pris en compte par la réglementation française de 2022, quelle a été l'exposition cumulée des salariés ayant manipulé ces solvants pendant des décennies, avant la généralisation des machines fermées et des normes actuelles ?




